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dimanche 1 mai 2011

Aperçu intérieur d’un abri « type » et armement.

Aperçu intérieur du LW 22

Les abris bétonnés comportaient un sas d’entrée à 2 portes : la porte P1 (décrite dans l’article précédent) et la porte P2 au blindage ajouré.
Porte P2
Source : Denkschrift über die belgische Landesbefestigung -
Oberkommando des Heeres - Berlin 1.10.1941.
La porte d’entré principale (P1) qui ferme l’entrée du sas, était défendue par une meurtrière dans laquelle une arme individuelle pouvait être utilisée.


Encoche Porte (P1) reconstituée (LW8)
 
Meurtrière vue du sas (BL 8)

Vue sur l'entrée (P1) par l' oeilleton de la meurtrière
(Salle 1 du BL 8)
Passé le sas, l’accès aux salles de combat se faisait par la porte blindée intérieure à persiennes. Cette porte en bois est recouverte d'une plaque de métal de 5 mm d'épaisseur sur les 2 faces et sa partie centrale est constituée de lames métalliques (persiennes). Une plaque d'acier était fixée par des charnières sur la face intérieure de la porte, permettant une certaine ventilation.
Porte P2, côté extérieur (BL 2)

Porte P2, côté intérieur (BL 3)
Un grand nombre des portes intérieures et la totalité des tôles intérieures ont disparu (dans la plupart des cas, elles ont été retirées après la capitulation pour la récupération des métaux).
Trace de la fixation d'une charnière pour
la tôle intérieure (BL 2)

Porte manquante, reste un boulon (BL 8)

BL 3
Lampe(actuelle) suspendue par un crochet ( LW2)

Crochet (LW7)

Crochet (LW8)

Les bunkers situés entre Louvain et Rixensart sont tous constitués de deux salles de combat comportant chacune une bouche de tir. Ces salles mesurent environ 2 m x 2 m et 1,85 m de hauteur. Le plafond, de 1,30 m d'épaisseur, est recouvert d'acier galvanisé ondulé pour empêcher la chute de débris de béton lors de bombardement. On peut y remarquer des emplacements pour fixer un crochet destiné à suspendre des lampes à pétrole (NB : les abris n’étaient pas raccordé à l’électricité).



Généralement, quatre étagères métalliques garnissaient les murs des deux salles.

Etagères en acier galvanisés (BL 8). Sur le côté gauche, on
remarquera une "T-tablette" et au fond et sur le mur du fond
la sortie de secours murée et un volet de tube lance-grenades
Au dessus des bouches de tir, on peut encore remarquer le chiffre « 1 » ou « 2 » peints en blanc. Sur le dessus de la bouche de tir, il y a habituellement une pièce de métal, qui servait probablement de fixation à la chaine métallique destinée à fermer le volet métallique situé à l’extérieur. On peut aussi remarquer 2 crochets dont la fonction ne m’est pas connue.

Salle 2 (BL 8)

Salle 1 (BL 2)
Chaque local de combat était doté d’un affut métallique « Chardome » pour mitrailleuse lourde du type « Maxim ». Ce système permettait de maintenir la mitrailleuse en lui assurant stabilité et précision pour le tir.

Bouche de tir (LW 16)  : tige filetée de fixation de l'affût
 et circulaire d'appui fixée par 2 appuis dans le radier.

Maxim 08.15 et son affût traîneau
en position sur l'affût Chardome

Une structure métallique de support, cintrée en demi-lune et soutenue par deux pieds fixés au sol, permettait le réglage en balayage de la zone à défendre par la mitrailleuse.

Circulaire d'appui fixée par 2 appuis dans le radier

Cette circulaire d’appui était complétée d’une plaque-support métallique en acier galvanisé.


Dans l’embrasure de tir on peut visualiser une tige filetée verticale dans le béton qui servait de fixation et de réglage pour l’affut (voir schéma ci-dessus). Cet axe comportait 3 écrous : un de serrage, un pour le réglage de l’inclinaison de la plaque de support et un contre-écrou.

Bouche de tir vue de l'intérieur (BL 2)
L’affût Chardome, tel que prévu à l’origine, ne permet le placement que de la seule mitrailleuse lourde Maxim avec son affût traineau (fournie par l'Allemagne après la première guerre mondiale à titre de réparation et adaptée au calibre réglementaire (dans l'Armée belge) de 7.65 mm !). 

Mitrailleuse lourde Maxim "MG 08"sur affût traineau,
mod. 1908 cal 7.62 mm (Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire)
L’usage du dispositif Chardome d’origine était impossible pour d’autres armes automatiques en dotation dans l’Armée belge de l’époque (Hotchkiss, Colt et FM 15/27) ou dans l’Armée britannique (fusils-mitrailleurs de type « Bren »).
En mai 1940, les Anglais seront contraints  de démonter les affûts des abris de Louvain à Wavre afin d’y installer leurs armes automatiques sur des sacs de sable.

Mitrailleuse lourde Maxim "MG 08"sur affût traineau,
mod. 1908 cal 7.62 mm (Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire)
Les observations de tir s’effectuaient par un œilleton (au dessus de l’embrasure) qui donnait accès dans la gaine d’observation. Ce système d’observation est équipé d’une glissière pour y placer une petite plaque métallique maintenue par une courte chaîne. Aucune ne semble avoir été conservée dans le secteur.Ce système d’observation a généralement le même angle de visée que celui de la mitrailleuse (de maximum 38°)

Gaine d'observation et sur la gauche, 
gaine lance-grenades (LW 16)

Une des salle de combat (généralement la salle 2) était équipée d’une sortie de secours. Cette sortie se composait d'une ouverture (0,6 m x 0,6 m) fermée par un empilement de deux rangées de poutrelles en chêne (ou métalliques ?) .Elles étaient placées dans des encoches dans les parois latérales et ne pouvaient être retirées que de l'intérieur. Dans de rares cas elles ont été conservées.
En façade, la sortie de secours était cachée par une maçonnerie d'une 1/2 brique liée par mortier pauvre recouverte d'une enduit de ciment.

Sortie de secours en coupe
Sortie secours et poutrelles (d'origine?) (BL 2)
LW 16 : les 2 rainurespour placer les poutrelles sont
visibles et le mur de 1/2 brique a été détruit
Les bunkers sont équipés de plusieurs conduits de ventilation. Deux par bouches de tir et une dans le sas d’entrée.

Schéma gaine de ventilation
LW 16 : prise d'air d'une gaine de ventilation,...
La défense rapprochée de l’abri était assurée par des gaines lance grenades. En cas d’attaque, il était prévu de dégoupiller une grenade (Mills) et de la laisser tomber dans cette gaine. Ensuite, il fallait fermer un volet métallique afin de se protéger du souffle de l’explosion.
Gaine lance-grenades

Volet gaine lance-grenades (LW 16)
Grenade défensive Mills
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mills_Bomb
Une petite tablette en chêne est disposée sur le mur dans chacune des salles de combat. Cette tablette servait à maintenir l’appareil à garnir de cartouches les bandes pour la mitrailleuse Maxim

T-tablette (BL 2)

Chargeuse pour bandes de mitrilleuse Maxim
(Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire)
Chargeuse (incomplete) pour bandes de
 mitrailleuse Maxim fixée à une table.

Sources:

 
Robert Pied : «Wavre, centre antichar et les défenses environnantes sur la ligne KW 1939-1940».Tome I Publication du Syndicat d'initiative de Wavre.
Robert Pied : «L'Enfer de la Dyle». Mai 40. Tome II .Publication du Syndicat d'initiative de Wavre.
Denkschrift über die Belgische Landesbefestigung - Hrsg. Oberkommando des Heeres, Berlin 1941.
Notice relative a l'utilisation des armes automatiques dans les abris munis du dispositif "Chardome" pour Mi.- Maxim sur affût-traineau Ministère de la défense nationale, 1936.

http://www.bunkergordel.be/