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vendredi 3 décembre 2010

La ligne K.W...

Dès 1927, l'état-major de l'armée belge esquisse une ligne de défense reliant la place fortifiée d'Anvers à celle de Namur pour se prolonger via la Meuse vers la France. Mais ce n'est pourtant qu'en août 1938 que le 1er corps d'armée fut chargé de préparer la réalisation de ce qu'on appelle désormais la ligne «KW» (Koningshooyckt [orthographe française de l’époque] -Wavre) partant du village de Koningshooikt (au sud d'Anvers, près de Lierre) pour rejoindre Namur en transitant par Louvain et Wavre où le tracé devait suivre les méandres de la Dyle.


KW linie


Cette position d'arrêt devait présenter plusieurs variantes dans ses ouvrages (casemates bétonnées, inondations, champs de rails, fossés, barrières Cointet, tétraèdres,….). Pour le tronçon de Heverlee à Wavre et la bifurcation "Wavre-Rixensart", des appels d'offres furent lancés aux entrepreneurs civils fin 1939 et les travaux réalisés début 1940, juste avant l'invasion. De Louvain à Rixensart, 42 abris pour mitrailleuses furent construits.
En complément des « bunkers » conçus pour abriter des mitrailleuses, il existait aussi des abris pour chambres de visites et connexion téléphonique ou de commandement. Mais les câbles ne furent jamais posés au sud de Louvain, par manque de temps.

Les abris reliant Louvain à Wavre, baptisés LW 1 à LW 22 étaient situés le long de la Dyle afin d'en empêcher la traversée. En mai 1940, ces «bunkers» étaient défendus par les Anglais.
Entre Wavre et Namur, territoire démuni d'une défense naturelle comme la Dyle, ce sont des barrières antichars qui furent installées. Une prolongation des défenses partant de Wavre vers Ninove, via Waterloo, devait boucler la protection sud de Bruxelles. Enfin, il y a les «bunkers» qui furent construits autour du bois de Beumont (BB1 à BB8) afin d'y abriter un centre antichar et la défense de 2ème ligne constituée de 2 bunkers camouflés (les Sb 1 et 2) au sud de Wavre.
De par leur position, seuls des abris situés entre Louvain et Wavre, ainsi que celui qui a disparu près de la gare de Bierges, ont essuyé le feu ennemi. Au soir du 13 mai, ce sont des troupes anglaises qui occupent les 22 bunkers du secteur Louvain-Wavre, les Belges tenant la ligne Anvers-Louvain, et les Français, la trouée de Gembloux, entre Wavre et Namur. Des soldats français occupent par ailleurs les abris (de BL1 à BL10) disséminés dans les bois de Bierges, Limal et Rixensart, ébauche de la protection sud de Bruxelles.

Vision allemande de la ligne "KW" entre Louvain et Namur.
Source : Denkfchrift über die belgifche landesbefetigung - 01.10.1941

Le choc entre les troupes allemandes et anglaises se produit le 15, au lendemain du bombardement de Wavre. Alors qu'ils ont résisté toute la journée à Grez-Doiceau, vers 22 heures, les défenseurs reçoivent l'ordre de se replier. Les allemands ont enfoncé le front français près de Sedan, et les Alliés risquent l'encerclement.
Si la «bataille de la Dyle», livrée du 14 au 16 mai 1940, n'a pas changé le cours de la guerre, elle laisse néanmoins 600 morts sur le terrain et envoie 1.500 blessés dans les infirmeries, toutes nationalités confondues. C'est à Gastuche et à Archennes que les combats furent les plus acharnés.

Une fois le calme revenu, les Allemands décidèrent de murer les fortifications de la ligne «KW», orientées à l'est.

Aujourd'hui, ces abris résistent encore.

Sources :
 Robert Pied : «Wavre, centre antichar». Tome I; « L'Enfer de la Dyle, mai 40». Tome II. Edités par le syndicat d'initiative de Wavre.
Denkschrift über die Belgische Landesbefestigung - Hrsg. Oberkommando des Heeres, Berlin 1941
 http://www.kwlinie.be/

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