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mardi 7 décembre 2010

Eléments "Cointet" et bornes de fixation

L’élément « Cointet » (aussi appelé élément « C », porte belge, barrière belge, …) aurait été inventé par le général français Léon-Edmond de Cointet de Fillain en 1933 (NB : on mentionne des utilisations défensives « équivalentes » en bois déjà utilisées contre la cavalerie, lors de la première guerre mondiale en Russie).  
Elément "Cointet"(Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire)

Cet élément se présente sous la forme de herses métalliques qui peuvent s’accrocher les unes aux autres. Il y en a 2 modèles : le modèle français et le modèle belge. Le modèle belge se distingue du français par l'ajout de 8 cornières verticales en façade ayant pour fonction d'empêcher les fantassins ennemis de passer au travers, les obligeant à l’escalader, les mettant ainsi à découvert sur son sommet.
Elément "Cointet"(Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire)

Quelques 75.000 exemplaires furent construits, sur commande de l’armée belge, par plusieurs usines civiles.  Le 10 mai 1940, 73 600 pièces avaient déjà été fournies par l'industrie et mises bout à bout de façon interrompue sur environ 221 Km, notamment sur la ligne KW (d’où son surnom de Ligne de fer par la population locale).

1. Rouleaux avant – 2. Rouleau arrière – 3. Charnières – 4. Gaine d'amarrage –
5. Etrier d'attache avant – 6. Etrier d'attache arrière – 7. Etrier central – 8. Crochets d'amarrage
Source : www.clham.org

Une barrière "Cointet" belge pèse environ 1 300 Kg pour une largeur avant de 2,88 mètres et une hauteur de 2,52 mètres. Cette barrière repose sur trois rouleaux creux en acier galvanisés (1,4 cm d’épaisseur) dont deux (de 30 cm de diamètre pour une longueur de 75 cm) à axe fixe à l’avant et 1 (de 30 cm de diamètre pour une longueur de 56 cm) à axe pivotant à l’arrière.
Rouleau arrière à axe pivotant 

Le but de son utilisation était de former un mur antichar pour empêcher ou gêner le passage. Les éléments « Cointet » qui peuvent s’accrocher les uns aux autres, constituent des barricades sans limite de longueur, permettant ainsi de barrer les routes, les champs,… en avant des fortifications, afin de ralentir l’ennemi sur un terrain dépourvu d'obstacle naturel.
Ligne KW
Source : www.clham.org

Ces barrières peuvent être placées en travers des routes, des tunnels, des ponts, … et maintenues en place par une élingue d'acier courant au ras du sol d'une borne "Cointet" à l'autre.
Région de Gembloux ?
Source : www.clham.org
A chaque interruption routière, des bornes d’amarrage permettaient, au moyen de câbles, de fixer la première ou la dernière barrière de l’ensemble, ou de la retirer pour laisser passer la circulation locale en faisant pivoter celle-ci sur ses rouleaux. Elles étaient alors temporairement placées sur le côté en attente de devoir refermer l’ensemble en cas d’urgence.
Amarrage d'un élément C Source : www.clham.org

Deux des dernières bornes d'amarrage pour élément "Cointet" sont encore visible à Bierges : le point 710 près du BL1 et le point 720 au bord de la route Provinciale.
Point 710, le long de la rue des Commones (BL1 en arrière plan)
Point 710

En bordure de la route Provinciale,
 à environ 300 mètres de l'emplacement initial du LW22,
 on peut visualiser le point 720
Point 720

 Borne de la ferme d'Alvaux à Perwez  déplacée
jusqu'à Chaumont-Gistoux pour prendre place
devant le Musée de la Ligne KW

Après les hostilités de mai 1940, les allemands firent rapidement enlever les éléments "Cointet".
Source : http://warforum.userboard.org

Barrières retirées de la ligne K.W.
Source : http://www.wehrmacht-awards.com

Dès novembre 1942, l'occupant les réemploya au profit des défenses allemandes principalement sur le "mur de l'Atlantique".

Plage de Houlgate fin 1944
Source : http://www.colleurs-de-plastique.com/
Omaha beach en juin 1944
Source :http://users.skynet.be/jeeper/page85.html


Revanche sur l'histoire, en juin 1944 les  Américains vont notamment utiliser les éléments « Cointet » disponibles en grand nombre sur les plages pour mener la Bataille des haies en soudant sur l’avant des chars des « lames d’acier »(découpées sur les barrières) de telle sorte qu'elles empêchent le char d'élever son avant et de l'exposer aux canons antichar et aux panzerfaust quand ils cherchent à enfoncer les haies.
Il s’agit du dispositif « Culin » (du nom de son inventeur le Sergent Curtis G. Culin (1915-1963)) connu aussi sous le nom de « hedge-cutter » (coupeur de haie), dispositif qui permettait d'éventrer d'un seul coup la levée de terre qui constituait la base de la haie.

Lames d'acier soudées sur un char américain
permettant de franchir les haies en les tranchant à leur base
Source: www.closecombatseries.net


  
Sources:

http://archives.lesoir.be/de-perwez-au-musee-de-la-ligne-kw-a-chaumont-le-voyage-_t-19930918-Z07803.html
Robert Pied, «Wavre, centre antichar, et les défenses environnantes sur la ligne KW», publication
du Syndicat d'initiative de la ville de Wavre, 1989

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