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mercredi 29 décembre 2010

Prolégomènes à la Bataille de la Dyle

La ligne K.W. va se trouver très fortement exposée aux combats durant les 14, 15 et 16 mai 1940. Il m’apparait donc utile de faire le point sur les stratégies et les tactiques déployées par les armées alliées et allemandes dans les jours qui ont précédé ce que certains appelleront l’Enfer de la Dyle.

Le plan  Dyle  :

Grâce à la Ligne Maginot (réputée invulnérable) et aux Ardennes (jugées infranchissables par l’État-major français), l'Allemagne n'a (pour certains) que peu de choix pour attaquer la France, elle doit passer par la Belgique en réitérant son plan “ Schlieffen ” de 1914(1).

Le plan “ Dyle ”(2) est élaboré sur base de cette hypothèse, par le généralissime français Gamelin qui a le commandement unique des armées françaises et de la British Expeditionary Force (B.E.F./Général Gort) installées le long de la frontière franco-belge 
Il consiste, dès le début de l'attaque allemande et à condition d'en être informé à temps, à pénétrer en Belgique jusqu’à l’alignement Anvers-Wavre (Ligne K.W.) et sa prolongation jusqu’à Namur.
Les Français iront jusqu’à étudier un appui aux Hollandais : c’est le plan “ Breda ”.

Source : « Le Nord dans la tourmente 1939-1945 »
Myrone N. Cuich, 1994

D' un point de vue tactique on peut considérer ce plan comme incertain car les troupes françaises devraient être bien plus performantes en manœuvrant sur un terrain qu'elles préparent depuis des années qu'en fonçant à découvert en terre étrangère. Mais d'un point de vue du moral et de l'opinion publique française une bataille sur le sol belge est préférable à un conflit sur le territoire national ! 
D' un point de vue stratégique on peut considérer ce plan comme satisfaisant car l'Etat-major français ne peut laisser les troupes llemandes s'étaler en Belgique tout en renforçant leur dispositif au fur et à mesure de leur avancée. Les contrer alors qu'ils sont en mouvement est plus que concevable.

A dater de novembre 1939, pour le cas où l’attaque allemande frapperait la Belgique et la Hollande il était d'autre part prévu que les armées franco-britanniques pénètreraient en Belgique pour soutenir les Armées belge et néerlandaise. Les troupes franco-britanniques réparties sur la frontière de Dunkerque à Givet iraient alors prendre position sur une ligne Breda – Dyle – Meuse, les mouvements et les parcours à effectuer ayant été minutieusement préparés.
Les Belges seraient déployés d’Anvers à Louvain (Ligne K.W.), la B.E.F de Louvain à Wavre (Ligne K.W.) et la première Armée française de Wavre à Namur (Position fortifiée tenue par l’Armée belge).

Le plan  Manstein  :

Le “ Plan Jaune”  (Fall Gelb) est le nom de code allemand qui désigne l'ensemble du dispositif à mettre en œuvre pour attaquer la France. Le plan allemand “ Manstein ”(3), encore appelé “ Coup de Faucille ”, élaboré dès 1939 par le général Manstein, a subi de nombreux remaniements jusqu'à son application le 10 mai 1940.

Source : batailles-1939-1940.historyboard.net

Tirant la leçon de la 1ère guerre mondiale, l’Allemagne voulait  absolument éviter une guerre longue. Sa stratégie consistait donc à vaincre ses adversaires par une série de campagnes de courte durée. Elle s’appuyait sur une nouvelle tactique militaire baptisée “ Blitzkrieg  (guerre éclair). Cette tactique consistait en une concentration d'armements offensifs (chars, avions et artillerie) sur un front réduit. Ces forces pratiquaient une brèche dans les défenses adverses, permettant ainsi aux divisions blindées de pénétrer rapidement et de manœuvrer librement derrière les lignes ennemies. La puissance aérienne allemande empêchait l'ennemi de se réapprovisionner ou de redéployer ses forces efficacement, et donc d'envoyer des renforts pour colmater les brèches pratiquées dans le front. Les forces allemandes pouvaient au contraire encercler les troupes ennemies et les contraindre à se rendre.

Trois groupes d'armées allemandes feront en même temps mouvement en territoires neutres.
  • Au Nord, le groupe d’Armées B (Général von Bock fort de 32 divisions) passe les frontières des Pays-Bas et de la Belgique afin d’empêcher la jonction des forces alliées.
  • Au Sud, le groupe d’Armées C (Général von Leeb, avec ses 19 divisions) se met en protection de flanquement, face à la Ligne Maginot (mais hors de portée de ses canons).
  • Au centre, le groupe d’Armées A (Général von Rundstdedt, le plus important (49 divisions) dont 7 divisions blindées), entre en Belgique et au Grand Duché du Luxembourg et traverse les Ardennes (belge et françaises) pour déboucher sur Sedan et prendre à revers les armées françaises qui longent la frontière franco-belge.

Source : « Le Nord dans la tourmente 1939-1945 »
Myrone N. Cuich, 1994

Ce plan est d'autant plus osé que les troupes peuvent facilement être arrêtés sur les routes étroites du Nord du Grand Duché du Luxembourg et leur passage des Ardennes est loin d'être évident. D'ailleurs les Français n'attendent pas du tout les Allemands du côté de Sedan car, d'après leur général en chef (Gamelin), les armées allemandes ne peuvent passer ni au travers de la Ligne Maginot (à l'Est de Sedan), ni au travers la forêt des Ardennes (au nord-est de Sedan). Pour ces motifs, les Français ont négligé la défense de cette ville, au profit du reste de la frontière franco-belge où ils ont massé leurs armées les plus modernes.

Pour le général Manstein, le maillon faible français est donc Sedan. En conséquece, il propose de faire traverser le nord du Grand Duché du Luxembourg , puis l'Ardenne belge, par une masse de blindés débouchant rapidement sur cette ville.
Certains officiers généraux allemands préfèraient réitérer le Plan Schlieffen de 1914, plan qui avait failli réussir à l'époque (c'est d'ailleurs ce dont est persuadé le général Gamelin). Mais ce serait alors pour se heurter aux meilleures troupes alliées, avec tous les aléas d'une bataille frontale. Hitler tranche et opte pour le plan “ Manstein ”, qu'il s'attribue...

 Coup de Faucille versus manœuvre  Dyle 

Dès le début de l'offensive allemande du 10 mai 1940, les alliés obéissent au plan “ Dyle ” : les unités motorisées montent au plus loin en Belgique pour supporter l'Armée belge.

Motocyclistes d'un groupe de reconnaissance français
en Belgique - mai 1940. Source : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/
La masse des divisions d'infanterie doivent les suivre, dans le but d'arriver sur la ligne de défense Anvers-Namur-Givet, lorsque les unités motorisées (Divisions Légères de Cavalerie et Divisions Légères Blindées) auront rempli leur tâche.
Plus au Nord, la 7ème Armée sous les ordres du général Giraud aura pour mission de supporter l'Armée hollandaise et de couvrir Anvers avec ses unités motorisées.


Mai 1940 : entrée de troupe anglaise en Belgique
Source : http://www.ww2talk.com/forum/1940

 
10 mai 1940 : entrée de troupe française en Belgique
Source : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/

Les Belges, ayant eux préparé leur défense de longue date, doivent tout d'abord tenir quelques jours sur le canal Albert, pour ensuite se replier, avec l’appui des Alliés sur leurs lignes fortifiées au cœur du pays.

11 mai 1940, dans les environs de Bastogne
Source : http://www.ww2talk.com/forum/1940
La défense du Sud-Est du pays (Ardennes) n'est assurée que par une division de Chasseurs Ardennais (lire ci-dessous ;  source :" Le Commandant Bricart et ses soixante Chasseurs ardennais! "). Des Belges vont tenter de ralentir les colonnes allemandes…. avec héroïsme !

Le plan ” Dyle  est appliqué à la lettre et ne subit aucune modification jusqu'au 13 mai, date à laquelle le Haut commandement français s'aperçoit enfin que les allemands ne sont pas en train de rééditer le plan ” Schlieffen ”  mais qu'ils passent en force par l'Ardenne belge, débouchent sur Sedan très mal défendue et qu'ils risquent ainsi de s'ouvrir la possibilité d'isoler les Armées franco-britanniques avancées en Belgique.

On remarque que les allemands :
  • font diversion en Belgique et Hollande (armées B), attirant ainsi les plus performantes des troupes franco-britanniques;
  • percent vers Sedan (par les Ardennes via le Grand Duché du Luxembourg et la Belgique) avec le gros des divisions blindées (armées A);
  • prennent à revers les Armées alliées engagées en Belgique.


13 mai 1940 : des chars allemands juste avant la percée
des Ardennes. Source : algeroisementvotre.free.fr
Le plan ” jaune”  est extrêmement risqué car, si le général Gamelin ne suit pas son idée fixe (Ardennes infranchissables et plan ” Schlieffen”  qui devrait être réitéré), les Armées alliées ont aisément la possibilité de bloquer les divisions blindées allemandes qui se faufilent sur les routes étroites et souvent encaissées du Grand Duché du Luxembourg .
 
Les Ardennes jugées « infranchissables »
Source : http://www.39-45strategie.com

Les Allemands préviennent les attaques de flanc (sortie des troupes stationnées au niveau de la Ligne Maginot), en insinuant quelques troupes (essentiellement de l'infanterie) au sud du Grand Duché du Luxembourg . Mais ce n'est qu'une protection illusoire en cas de bombardement aérien des colonnes blindées. Aussi leurs seules protections réelles sont la discrétion, la rapidité de traversée des Ardennes, un soutien aérien performant et l'obstination du général Gamelin (“ les Ardennes infranchissables par les chars ” comme l' assurait aussi Pétain !) .

Colonne blindée allemande traversant les Ardennes !
Source : la-guerre-au-jour-le-jour.over-blog.com

Le plan Dyle-Breda  fonctionnera tant bien que mal jusqu'au 15 mai, date à laquelle la percée allemande au niveau de Sedan fera peser une trop forte menace sur les arrières des troupes alliées.
La première phase du plan ” Manstein ”, le “ Fall Gelb ” (“ Plan Jaune ”), entraînera l'enfermement des troupes alliées dans la nasse de Dunkerque, par un mouvement tournant de la Wehrmacht. Après quoi, le 5 juin, celle-ci applique le “ Fall Rot ” (“ Plan Rouge ”), autrement dit l'invasion de la France...

Cette photo a sans doute été prise le 15 mai 1940.
 Le sort de la campagne de France est en train de se jouer. Voilà six jours, ces tankistes et ces motocyclistes étaient encore basés à l’est de Coblence, et ils viennent de traverser la Meuse ! Leur 10e division Panzer couvre le flanc sud du corps blindé Guderian. Elle rencontre une vraie résistance, essuie de sérieuses pertes. Tandis que leurs prisonniers français (à droite de la photo) marchent dans l’autre sens, les Allemands progressent ...
Source :www.lefigaro.fr/lefigaromagazine
En images:
Sources:
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=17046
http://www.secondeguerre.net/articles/evenements/ou/40/ev_campagnefrance.html
http://www.maginot.org/histoire/plan_jaune_fr.htm
 Le Nord dans la tourmente 1939-1945 » de Myrone N. Cuic., Imprimerie Jean Bernard, 52900 Tourcoing, 1994
L'Enfer de la Dyle ». Mai 40. Tome II (223 photographies)de Robert Pied: . Edité par le Syndicat d'initiative de la ville de Wavre.



mardi 14 décembre 2010

Camouflage des abris dans la région de Wavre

A partir du mois de décembre 1939, de nombreux entrepreneurs civils furent impliqués dans la construction des abris bétonnés de la ligne K.W. sous le contrôle de la 4e direction du génie et des fortifications
Au printemps 1940, les 42 abris pour mitrailleuses étaient construits entre Louvain et Rixensart et vint le temps du camouflage de ceux-ci. C'est notamment l'Agence Rossel (spécialisée dans le domaine de la publicité murale) qui entreprit toute une série de maquillages par peinture représentant diverses sortes de silhouettes fictives sur le béton lisse des abris.

Parmi les différents camouflages, on peut distinguer les variantes suivantes: imitation de maisonnettes par murs de briques de parement et toit plat ou charpente métallique avec tuiles; peinture apposée directement sur le béton; imitation d'atelier en plaques de béton...

A titre exemplatif, quelques bunkers "camouflés" :



Source : Denkfchrift über die belgifche landesbefetigung - 01.10.1941

Exemples de camouflage "remarquable" d' abri bétonnés de la ligne K.W. :


LW4
Soixante ans après, la peinture n'a que très rarement résisté. Mais on peut encore discerner un des seuls exemples (dans la région de Wavre) de camouflage par peinture sur béton et toit plat sur le LW16 dans le parc du château de Laurensart à Gastuche.


LW16

Flanc sud du  LW16

Enfoui derrière une végétation dense, à l'angle de la chaussée de Bruxelles et de la chaussée des Nerviens à Wavre, se cache un drôle de petit hangar rectangulaire entouré par un potager...
A y regarder de plus près et au vu de sa porte d'entrée, haute d'un mètre cinquante, on réalise qu'il n'a du hangar que l'aspect extérieur. Il s'agit en fait du Sb2 qui possède encore son camouflage : des plaques de béton superposées et une charpente métallique (seul exemplaire de ce type dans la région).
Sb2

Sb2
Exemple de destruction avortée: l'abri bétonné Sb 1, au carrefour de la chaussée du Tilleul et de la chaussée d'Ottembourg (Wavre). Les ouvriers, qui ont voulu démolir cette "maison factice avec charpente métallique et toit de tuiles" au début des années 70, n'ont pu enlever qu'un mètre cube en deux semaines! Seules sa façade et une partie de l'enveloppe de briques qui lui servaient de "maquillage"ont été détruites ! 

SB1

Briques de façade Sb1
Quelques abris sont camouflés par des briques de parement et un toit plat, il s'agit des LW19, LW18 et LW17.
LW19 ( Wavre)
Bouche de tir murée (LW19)

LW18 ( Basse-Bavre),
 bel exemple de "maisonette" au toit plat et corniche

LW18, parement de briques déteriorés
 laissant apparaître le béton

Bouche de tir murée du LW17 (Gastuche)

En plus du maquillage en fausse maison
(simples briques de parement et toit plat),
on distingue des crochets pour filets de camouflage !

La grande majorité des autres abris bétonnés de la région (BL1 à BL10, BB1 à BB7, LW20 et de LW15 à LW10) n'avait pour seul camouflage qu'une peinture apposée directement sur le béton comme on peut le voir sur le BL7 (p.58) dans l'excellent ouvrage* de Robert Pied.


BL7, la presque totalité des peintures a disparu
BL8, traces de camouflage "branches d'arbres"
BL9, traces de camouflage " tronc et branches d'arbres"

De plus, tous les abris pour mitrailleuse en simple béton lisse étaient dotés de crochets en acier pour filets de camouflage.
Crochets ( BL10)
NB: en mai 1940 tous les travaux des tronçons Leuven -Wavre et Wavre - Ninove étaient terminés et ce malgré les 2 mois de gel au début de 1940 !


Sources:
*Robert Pied; «Wavre, centre antichar et les défenses environnantes sur la ligne KW 1939-1940». Publication du Syndicat d'initiative de Wavre. Février 1989.
Denkschrift über die Belgische Landesbefestigung - Hrsg. Oberkommando des Heeres, Berlin 1941
http://archives.lesoir.be/bataille-de-la-dyle-breve-et-meurtriere-la-ligne-kw-ou-_t-19900516-Z02P4L.html

mardi 7 décembre 2010

Eléments "Cointet" et bornes de fixation

L’élément « Cointet » (aussi appelé élément « C », porte belge, barrière belge, …) aurait été inventé par le général français Léon-Edmond de Cointet de Fillain en 1933 (NB : on mentionne des utilisations défensives « équivalentes » en bois déjà utilisées contre la cavalerie, lors de la première guerre mondiale en Russie).  
Elément "Cointet"(Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire)

Cet élément se présente sous la forme de herses métalliques qui peuvent s’accrocher les unes aux autres. Il y en a 2 modèles : le modèle français et le modèle belge. Le modèle belge se distingue du français par l'ajout de 8 cornières verticales en façade ayant pour fonction d'empêcher les fantassins ennemis de passer au travers, les obligeant à l’escalader, les mettant ainsi à découvert sur son sommet.
Elément "Cointet"(Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire)

Quelques 75.000 exemplaires furent construits, sur commande de l’armée belge, par plusieurs usines civiles.  Le 10 mai 1940, 73 600 pièces avaient déjà été fournies par l'industrie et mises bout à bout de façon interrompue sur environ 221 Km, notamment sur la ligne KW (d’où son surnom de Ligne de fer par la population locale).

1. Rouleaux avant – 2. Rouleau arrière – 3. Charnières – 4. Gaine d'amarrage –
5. Etrier d'attache avant – 6. Etrier d'attache arrière – 7. Etrier central – 8. Crochets d'amarrage
Source : www.clham.org

Une barrière "Cointet" belge pèse environ 1 300 Kg pour une largeur avant de 2,88 mètres et une hauteur de 2,52 mètres. Cette barrière repose sur trois rouleaux creux en acier galvanisés (1,4 cm d’épaisseur) dont deux (de 30 cm de diamètre pour une longueur de 75 cm) à axe fixe à l’avant et 1 (de 30 cm de diamètre pour une longueur de 56 cm) à axe pivotant à l’arrière.
Rouleau arrière à axe pivotant 

Le but de son utilisation était de former un mur antichar pour empêcher ou gêner le passage. Les éléments « Cointet » qui peuvent s’accrocher les uns aux autres, constituent des barricades sans limite de longueur, permettant ainsi de barrer les routes, les champs,… en avant des fortifications, afin de ralentir l’ennemi sur un terrain dépourvu d'obstacle naturel.
Ligne KW
Source : www.clham.org

Ces barrières peuvent être placées en travers des routes, des tunnels, des ponts, … et maintenues en place par une élingue d'acier courant au ras du sol d'une borne "Cointet" à l'autre.
Région de Gembloux ?
Source : www.clham.org
A chaque interruption routière, des bornes d’amarrage permettaient, au moyen de câbles, de fixer la première ou la dernière barrière de l’ensemble, ou de la retirer pour laisser passer la circulation locale en faisant pivoter celle-ci sur ses rouleaux. Elles étaient alors temporairement placées sur le côté en attente de devoir refermer l’ensemble en cas d’urgence.
Amarrage d'un élément C Source : www.clham.org

Deux des dernières bornes d'amarrage pour élément "Cointet" sont encore visible à Bierges : le point 710 près du BL1 et le point 720 au bord de la route Provinciale.
Point 710, le long de la rue des Commones (BL1 en arrière plan)
Point 710

En bordure de la route Provinciale,
 à environ 300 mètres de l'emplacement initial du LW22,
 on peut visualiser le point 720
Point 720

 Borne de la ferme d'Alvaux à Perwez  déplacée
jusqu'à Chaumont-Gistoux pour prendre place
devant le Musée de la Ligne KW

Après les hostilités de mai 1940, les allemands firent rapidement enlever les éléments "Cointet".
Source : http://warforum.userboard.org

Barrières retirées de la ligne K.W.
Source : http://www.wehrmacht-awards.com

Dès novembre 1942, l'occupant les réemploya au profit des défenses allemandes principalement sur le "mur de l'Atlantique".

Plage de Houlgate fin 1944
Source : http://www.colleurs-de-plastique.com/
Omaha beach en juin 1944
Source :http://users.skynet.be/jeeper/page85.html


Revanche sur l'histoire, en juin 1944 les  Américains vont notamment utiliser les éléments « Cointet » disponibles en grand nombre sur les plages pour mener la Bataille des haies en soudant sur l’avant des chars des « lames d’acier »(découpées sur les barrières) de telle sorte qu'elles empêchent le char d'élever son avant et de l'exposer aux canons antichar et aux panzerfaust quand ils cherchent à enfoncer les haies.
Il s’agit du dispositif « Culin » (du nom de son inventeur le Sergent Curtis G. Culin (1915-1963)) connu aussi sous le nom de « hedge-cutter » (coupeur de haie), dispositif qui permettait d'éventrer d'un seul coup la levée de terre qui constituait la base de la haie.

Lames d'acier soudées sur un char américain
permettant de franchir les haies en les tranchant à leur base
Source: www.closecombatseries.net


  
Sources:

http://archives.lesoir.be/de-perwez-au-musee-de-la-ligne-kw-a-chaumont-le-voyage-_t-19930918-Z07803.html
Robert Pied, «Wavre, centre antichar, et les défenses environnantes sur la ligne KW», publication
du Syndicat d'initiative de la ville de Wavre, 1989